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Devoir de mémoire.

Publié le 11 Novembre 2016 par Un Oeil Sur Villemur in Notre actualité

Il est une question que je me suis souvent posée en réfléchissant à l’histoire de mon pays.

Dans l’épreuve de la seconde guerre mondiale de quel côté aurais-je été ?

De celui des délateurs, de celui des résistants, de celui des profiteurs, de celui des silencieux ?

Admirative de ces femmes et de ces hommes, des plus célèbres aux plus anonymes, qui ont risqué, donné leurs vies pour en sauver d’autres, je reste toujours sans réponse, qu’aurais-je fait ?

Aujourd’hui, toutes proportions espérées, plusieurs sortes de dangers, plus sournois guettent notre pays.

Ils peuvent venir de l’extérieur mais murir aussi en son sein.

A Villemur va naître un CADA (centre d’accueil des demandeurs d’asile).

Des interrogations, des craintes naissent.

 

Pourquoi notre ville ?

Est-ce un des meilleurs choix possibles dans notre département ?

Difficile d’affirmer de tristes manipulations politiciennes tout autant que d’avancer des intérêts financiers pour des gestionnaires de parcs immobiliers à réhabiliter.

Nous n’avons que peu d’éléments et des suppositions ne restent que des suppositions avec les doutes qui s’y rattachent.

Que dire à ceux qui sont dans le rejet ?

Que nous savons, que nous pouvons entendre, qu’il y a dans la rue des gens qui meurent de froid, que le DAL se bat depuis des années pour trouver des logements dans des bâtiments inoccupés. Que même des gens qui travaillent dorment dans des conditions inacceptables, qu’il y a des enfants dans les rues.

Que bien des personnes âgées s’en sortent difficilement avec de toutes petites retraites.

Que de plus en plus de jeunes, faute de pouvoir s’en sortir, rejoignent le giron paternel ou s’exilent eux aussi.

Nous savons tout ça, beaucoup d’entre nous le vivent.

Que dire à ceux qui estiment que tous les hommes valides qui fuient les guerres sont des lâches qui devraient combattre pour la liberté dans leurs pays ?

Même si nous souffrons des terribles évènements qui ont endeuillé notre patrie, avons-nous le droit de juger ?

Difficile de parler de la guerre quand on a oublié sa terreur journalière, qu’on ne la vit  que de loin par écran interposé ou dans les livres et journaux.

Que dire à ceux qui craignent l’intrusion de fanatiques tueurs ?

C’est vraiment très compliqué d’oser s’avancer à trouver des réponses affirmées et étayées à tous les questionnements.

Alors que doit-on faire ?

Hésiter entre le cœur et la raison, sa conscience et la peur de mettre ses actes en accord avec elle.

Que doit-on faire ?

Craindre en se taisant les haines qui progressent à grands coups de désinformations propagées volontairement ou non.

Le silence peut-il assurer une certaine tranquillité pas du tout certaine si notre conscience nous taraude ?

La vie n’est qu’une succession de choix à faire.

Quand il s’agit d’aider des enfants, des femmes et de hommes y a-t-il un risque de se tromper en tendant la main ?

Des brebis galeuses il y en aura toujours et partout, peut-on,  en pensant à elles laisser mourir nos semblables, leur refuser une chance ?

Si durant les deux guerres mondiales qui ont ravagé notre pays, des femmes, des hommes jeunes ou moins jeunes, de toutes conditions, de plusieurs nationalités avaient hésité à voler à notre secours, que serait devenue notre belle France et les valeurs qu’elle se doit de porter ?

Apprenons à nous connaitre, apprivoisons nos différences dans le respect.

Nous impulserons ainsi de la vigueur à notre société démocratique.

N’oublions pas que ce sont le plus souvent les plus fragiles qui paient un lourd tribu lors de conflits, désordres ou tyrannies.

Serait-il possible que le malheur des uns fasse le bonheur des autres ?

Villemur mérite mieux que de se refermer sur elle-même.

Relever dans la solidarité le défi imposé, n’est ce pas la meilleure réponse à ceux qui se gargarisent déjà de voir notre ville se diviser et courir le risque de la haine.

Prouver qu’à Villemur, l’ambition démocratique passe par l’acceptation de tous n’oblige pas à dédouaner l’Etat de ses responsabilités.

Un réel projet politique devrait  consister à lutter pour que des concurrences économiques ne divisent pas les hommes.

 

Marie-Gabrielle Gimenez

 

 

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