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Associations, pas le choix du Roi…

Publié le 25 Janvier 2017 par Un Oeil Sur Villemur in Notre actualité, Au coin de l'oeil, Politique

 

Remercier chaque début d’année le milieu associatif d’une commune est devenu un discours rituel.

Par contre cette reconnaissance n’autorise que rarement les associations à prendre part à la définition des politiques publiques.

 

Ne pas mélanger torchons et serviettes…

 

Il n’est nullement question d’interférer dans la légitimité du pouvoir consenti par les citoyens à leurs élus. Chacun sa place, eux sont là pour agir économiquement, socialement, en matière d’urbanisation…

Les associations participent à l’animation de la ville au niveau culturel, sportif…

Rien n’empêche cependant une concertation positive.

 

Des différences pour un objectif commun…

 

Il est des associations qui s’investissent énormément pour conserver leur autonomie financière.

Elles se veulent libres de leurs actions, choisissent leurs partenariats.

Elles travaillent souvent à combler ce qui leur apparait comme des lacunes des pouvoirs publics.

Elles peuvent recourir à des soutiens administratifs ou utiliser des locaux mais s’attachent le plus possible à l’autofinancement.

De rares associations se reposent exclusivement sur les subventions octroyées par la municipalité, l’interdépendance devient plus prégnante.

Le plus souvent, bien que s’autofinançant, des associations persistent à recourir aux subventions.

Une forme de « reconnaissance » du travail fourni au service de la communauté.

Le rapport à l’argent reste parfois une énigme.

Certaines associations occupent une place importante qui sans trop savoir pourquoi peut s’avérer dérangeante pour un pouvoir public.

Celui-ci peut être tenté de lui couper les vivres.

Il devrait réfléchir aux conséquences et aux risques d’une telle décision.

Il y a souvent, quand il y a volonté, plus de difficulté à tout reconstruire qu’à modifier, restructurer, réorienter dans la concertation.

Nous avons déjà vécu cela sur notre territoire au niveau du comité des fêtes villemurien.

 

De l’intérêt du dialogue…

 

Pour construire harmonieusement un territoire, le travail en commun doit prévaloir.

Répondre au mieux aux attentes, aux besoins, aux goûts des habitants, c’est travailler à l’intérêt général. Les associations ne doivent jamais perdre de vue cet objectif prioritaire. Chacun des partenaires pourra ainsi retirer un bénéfice moral du travail conjoint.

L’investissement associatif devrait être un atout pour se faire entendre des pouvoirs publics. Les encouragements passent par un dialogue permanent qui constitue la meilleure des reconnaissances.

Ce n’est pas parce qu’elle reçoit des financements qu’une association doit se sentir inféodée. Elle ne doit pas perdre sa capacité de réflexion, d’action, de même que sa liberté d’expression.

Ce serait triste pour notre démocratie.

Interdépendance ne signifie ni dépendance, ni obéissance, même si certains accointances peuvent se créer.

Chaque acteur de la vie publique devrait avoir sa place dans la construction cohérente de la vie sociale de sa cité.

 

On peut aussi se boucher les oreilles, fermer les yeux…

 

Il est dommageable de braquer une partie du monde associatif par des décisions autoritaires. Cela décourage les bénévoles et les pousse dans leurs retranchements.

Comment des associations peuvent-elles vivre sereinement si elles sont amenées à construire un rapport de force pour se faire entendre, pour porter ou préserver des valeurs auxquelles elles croient ?

La confiance peut-elle survivre quant on est mis face au choix cornélien de renier ses valeurs pour poursuivre l’action en les occultant en conscience d’un indispensable travail au service des autres ?

 

 

Un appel à la sagesse…

 

Il est des choix politiques qui devraient décupler les forces d’union du milieu associatif et du pouvoir citoyen. Tout est question de choix de société.

S’exprimer en privé n’a de valeur que si l’on se confronte à une personne de bonne foi, capable d’écouter, de prendre le temps de la réflexion au lieu d’agir intempestivement voire avec désinvolture.

 

Si des bénévoles expriment publiquement leur désaccord, courent le risque de contre productivité, c’est sûrement parce qu’ils n’ont pas trouvé d’autres moyens pour se faire entendre de leurs interlocuteurs.

Il faudrait cesser de voir de la malveillance là où il y a de la déception, mettre de côté les égos, les entêtements, le monde en sortirait meilleur.

Il serait tellement intelligent de se concerter, de s’orienter vers des choix cohérents porteurs d’unité.

 

 

En conclusion.

 

 

Si le bénévole découragé s’éloigne du milieu associatif c’est qu’il a touché le fond.

Le rajeunissement du monde bénévole est un souci. Celui qui le quitte continuera de se poser des questions sur le devenir de cette société où les gens n’ont plus envie de s’investir bénévolement.

 

Il réfléchira lui aussi au coût, au coût tant financier que moral du désinvestissement.

Sachant que le milieu associatif est un vivier de recrutement pour nos représentants politiques, il réfléchira plus encore au rôle des élus.

Il se demandera comment quand on reste président d’une association, tout en devenant élu, on peut oublier les difficultés rencontrées par le milieu associatif pour se faire entendre ?

Comment on peut oublier les débats et les contraintes passées ?

Mais il est des situations où la versatilité devient une vertu alors que l’honnêteté intellectuelle et la franchise ne restent que des tares.

 

Marie-Gabrielle Gimenez.

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