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Face à face avec notre conscience

Publié le 2 Août 2017 par Un Oeil Sur Villemur in Notre actualité, Foi et société

A Villemur-sur-Tarn l’Etat a imposé un Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile.

Ici comme ailleurs, sans concertation ni avec les autorités locales, ni avec les habitants.

Un organisme sélectionné par l’Etat gère ce CADA.

Un collectif « Villesansmur » a été créé, de nombreux bénévoles ont accueilli les demandeurs d’asile. Ils apportent une aide à l’alphabétisation, des vêtements, un soutien alimentaire ou tout simplement ce lien amical et solidaire au service de l’intégration.

En pleine période de vacances, des décisions concernant les demandes d’asile tombent. Une famille de cinq personnes devra quitter le CADA dès le 7 aout. Que vont-ils devenir ?

Il faut savoir qu’en fonction du pays d’origine les demandes sont presque systématiquement rejetées, nos technocrates le savent.

Pourquoi alors donner des espoirs à des hommes, des femmes, des enfants en sachant qu’il y a peu de chance que leurs requêtes aboutissent ?

Ceux qui décident sont bien loin du terrain. Leurs victimes sont des anonymes alors que pour nous elles ont des visages, des regards, des sourires…

Nous, nous  savons leurs efforts pour échanger avec nous, nous avons sympathisé, apprécié leur gentillesse, leur volonté d’intégration. Nos enfants et les leurs sont devenus des copains, des amis, partagent les mêmes jeux.

Ceux qui décident n’ont pas entendu cette enseignante parler de ce petit garçon qui pris de panique court se réfugier à l’intérieur dès qu’il entend un avion.

Ceux qui décident n’ont pas vu la détresse sur ces visages aujourd’hui éclairés, ils ne savent pas l’investissement de la famille concernée pour que l’harmonie règne dans ce groupe aux origines diverses.

Que pouvons-nous, nous bénévoles, pour aider cette famille ? L’impuissance est un sentiment terrible !

Des questions nous assaillent, allons nous vivre à chaque refus les mêmes déchirements ? Non ! Nous ne pouvons pas accepter de voir cette famille rejetée dans la détresse. Nous voulons pouvoir continuer à regarder nos enfants, nos petits enfants, nos ados sans lire dans leurs yeux une condamnation.

Les cas se multiplient partout dans notre pays, ici aussi ils vont se multiplier.

Il est urgent de poser les bonnes  questions,  d’acter notre désapprobation pour ne pas  être malgré nous complices.

Qui a le droit d’affirmer qu’il respecte les valeurs de notre République et de  renvoyer après un temps d’espérance une famille à sa détresse.

Vous n’avez pas le droit de nous laisser avec des remords, des regrets, de la tristesse…

Si vous qui décidez du sort des demandeurs d’asile n’entendez pas ces arguments du cœur, à quoi servent les déclarations empreintes d’humanité de Monsieur le Président de la République et de nombre de représentants politiques dont certains, en d’autres lieux pas si lointains se décident à réagir, à soutenir les bénévoles découragés face à cette mascarade.

 

Marie-Gabrielle Gimenez

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