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Offre d’emploi … précaire et dangereuse.

Publié le 31 Janvier 2011 par Un Oeil Sur Villemur dans Au coin de l'oeil

 

Le ministère de l’intérieur recherche des citoyens(es) français(es) au casier judiciaire vierge pour renforcer les effectifs policiers.

En 2003, ce ministère créait une réserve civile pour les retraités de la police de moins de 65 ans. Pas de succès vues les conditions.

Une idée « géniale » a germé dans les cerveaux fertiles de quelques députés.

Introduire dans la loi sur la sécurité intérieure Loppsi 2 la possibilité d’étendre la réserve civile à des citoyens

Les jeunes étudiants désargentés, les chômeurs désespérés constitueront des cibles non négligeables..

Des gendarmes osent affronter la grande muette, des CRS se font « porter pâle », vont jusqu'à des grèves de la faim pour combattre les suppressions de compagnies, les réductions d’effectifs.
Leur colère est renforcée par un management qui en rappelle d’autres, « vous êtes formidables, vous méritez la considération…on vous supprime ».

Apprécions par leurs actes les donneurs de leçons aux grandes entreprises privées.

On s’interroge déjà sur l’efficacité de la formation accordée à nos forces de sécurité, alors que penser d’une telle mesure ?

Comment sera effectué le recrutement, comment évaluera t’on la capacité de sang froid, de réactions, de maîtrise de la situation à laquelle seront confrontés ces effectifs ?

Que feront les volontaires face à une violence grandissante susceptible de surgir de façon inattendue. Ils riposteront, ils pourraient être armés et dresser des procès-verbaux après formation « sur le tas », ou ils deviendront victimes.

Maintenir l’ordre est un métier.

Peut-on qualifier cette décision d’inconsciente ou… ?

Un mot détestable résonne à nos oreilles, milice !

 

Marie-Gabrielle Gimenez

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Ali, Baba ! Mais combien de voleurs ?

Publié le 30 Janvier 2011 par Un Oeil Sur Villemur dans Au coin de l'oeil

Monsieur Sarkozy déplore ne pas avoir appréhendé le malaise tunisien, se demande-t-il si le parfum du jasmin qui réveille déjà les pays proches atteindra nos narines françaises ?

Jeunesse sans avenir, chômage en hausse, riches de plus en plus riches, président décrié, drapé dans une cape d’humilité et de repentir peu crédible … ça ne vous rappelle rien ?

Le peuple est fatigué de subir ce que la puissance financière autorise à quelques uns, le pouvoir d’imposer leurs décisions à l’ensemble de leurs compatriotes.

Faudra-t-il attendre de ressentir la faim pour oser hurler contre les inégalités ?

Le cœur du problème pourrait résider dans notre impuissance à penser collectif.

Nous devrions nous intéresser à autre chose que notre petite personne, notre cercle proche, cela ne signifie pas nier l’individu mais avoir le courage de réfléchir à un projet politique fort afin de ne pas laisser l’avenir aux mains de quelques uns qui ont perdu depuis longtemps la notion de l’intérêt commun.

C’est à nous d’opposer une intelligence collective à la poignée d’individus qui ignorent la volonté du peuple, même quand elle est exprimée par les urnes.

La puissance de ceux qui gouvernent réside dans la facilité qu’on leur abandonne à diviser le peuple, hommes de couleur contre « bons français », privés contre fonctionnaires, ruraux contre citadins, jeunes contre vieux, travailleurs contre chômeurs…

Tout est bon pour interdire la cohésion sociale, un peuple réunifié est bien trop dangereux.

Pourtant nous avons tous des raisons de nous rassembler, nous éprouvons la même colère en constatant que s’il y a trente ans un grand patron gagnait entre 30 et 40 fois plus qu’un ouvrier, aujourd’hui il a multiplié par 300 le SMIC.

Avant, il était possible par la volonté, les études, le travail de grimper les échelons de la société.

Aujourd’hui, la méritocratie est héréditaire, fils de, fille de.

Faudra-t-il que la démocratie de la rue s’impose aux politiques.

L’exemplarité des élus semble du domaine du fantasme, il faudra plus que des mots pour redonner la confiance aux  peuples dans une époque ou le sud et le nord s’opposent, où la conscience écologique pointe bien des travers.

Le peuple n’aura jamais le pouvoir mais il doit défendre avec intelligence ce qui reste de démocratie.

Arrêtons de nous cacher derrière des incapacités que nous savons pouvoir dépasser car rien n’est pire que l’inaction face à l’injustice.

Le suicide en hausse des adolescents pointe le désespoir de nos enfants, ce n’est pas une fatalité pas plus que ne le sont l’évolution du taux d’échec scolaire, ou toutes les attaques contre l’éducation nationale.

Nous ne pouvons être un peuple prompt à se contenter de matchs de foot, à se gaver d’émissions télévisées stéréotypées, pour rester gentils.

Ah ça ira ça ira ça ira…

 

 En attendant la réforme fiscale, vous reprendrez bien un peu de brioche…

 

M-G GIMENEZ

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De Domino à Memory.

Publié le 29 Janvier 2011 par Un Oeil Sur Villemur dans Culture et loisirs

Le comité des fêtes du Terme à accueilli les danseurs, rois et reines de cette sympathique après-midi.


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Joël, l’accordéoniste nous a fait valser, Anita nous déhancher au son des percussions et nous avons tous gouté la lumineuse voix d’Anaïs, qu’elle interprète Domino ou Memory.

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 Jo Mélody avait apporté son bénévole soutien lors du téléthon et c’est avec un plaisir renouvelé que danseurs et amateurs de jolies voix ont pu une nouvelle fois apprécier leur prestation.

Merci à tous et à bientôt.


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Le comité des fêtes du Terme vous donne rendez-vous :

  • le12 mars pour une journée de pêche à la truite,
  • au 8 mai pour vide-grenier et foire,
  • du 24 au 26 juin pour le feu de la Saint-Jean et la fête du hameau dont nous reparlerons.
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La prime au mérite ou la déprime de l'intelligence ?

Publié le 28 Janvier 2011 par Un Oeil Sur Villemur dans Au coin de l'oeil

 

Les principaux des collèges et les proviseurs des lycées pourront percevoir une prime en fonction de leurs aptitudes à remplir des contrats d’objectifs et de performances. Cette mesure acceptée et signée par le Ministère de l’éducation et trois syndicats (SNPDEN-Unsa, ID [Indépendance et Direction] et le Sgen-CFDT) octroie une prime de 6 000 € tous les trois ans.

Prime très motivante pour cultiver, faute de mieux, le goût de la concurrence. Aux enseignants sur le terrain de se débrouiller avec la baisse des moyens déclarés.

Que deviendront les enfants en difficulté, les cas sociaux, vécus en obstacles.


Sur France Inter ce matin, on pouvait entendre cet appel.

 

« Un mal moral, profond, nous travaille et nous tourmente. Ce mal moral, cela est étrange à dire, n’est autre chose que l’excès des tendances matérielles. Eh bien, comment combattre le développement des tendances matérielles ? Par le développement des tendances intellectuelles. Il faut ôter au corps et donner à l’âme.

Ne vous méprenez pas sur mon sentiment. Vous me comprenez tous. Je souhaite passionnément, comme chacun de vous, l’amélioration du sort matériel des classes souffrantes ; c’est là, selon moi, le grand, l’excellent progrès auquel nous devons tous tendre de tous nos vœux, comme hommes et de tous nos efforts, comme législateurs.

Mais si je veux ardemment, passionnément, le pain de l’ouvrier, le pain du travailleur, qui est mon frère, à côté du pain de la vie je veux le pain de la pensée, qui est aussi le pain de la vie. Je veux multiplier le pain de l’esprit comme le pain du corps.

Eh bien, la grande erreur de notre temps, ça été de pencher, je dis plus, de courber, l’esprit des hommes vers la recherche du bien-être matériel, et de le détourner par conséquent du bien-être religieux et du bien-être intellectuel. La faute est d’autant plus grande que le bien-être matériel, quoi qu’on fasse ne peut et ne pourra jamais être que le partage de quelques-uns, tandis que le bien être religieux, c’est-à-dire la croyance, le bien-être intellectuel, c’est-à-dire l’éducation, peuvent être donnés à tous. (…)

Il importe, messieurs, de remédier au mal ; il faut redresser, pour ainsi dire, l’esprit de l’homme (…) Pour arriver à ce but, que faudrait-il ? Précisément tout le contraire de ce qu’on fait les précédents gouvernements ; précisément tout le contraire de ce que vous propose votre comité des finances. Outre l’enseignement religieux, qui tient le premier rang parmi les institutions libérales, il faudrait multiplier les écoles, les chaires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies. Il faudrait multiplier les maisons d’études pour les enfants, les maisons de lecture pour les hommes, tous les établissements, tous les asiles où l’on médite, où l’on s’instruit, où l’on se recueille, où l’on apprend quelque chose, où l’on devient meilleur ; en un mot, il faudrait faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l’esprit du peuple ; car c’est par les ténèbres qu’on le perd.

L’époque où vous êtes est une époque riche et féconde ; ce ne sont pas, messieurs, les intelligences qui manquent, ce ne sont pas les talents, ce ne sont pas les grands aptitudes ; ce qui manque, c’est l’impulsion sympathique, c’est l’encouragement enthousiaste d’un grand gouvernement.

Vous êtes tombés dans une méprise regrettable : vous avez cru faire une économie d’argent, c’est une économie de gloire que vous faites.

Je la repousse, pour la dignité de la France, pour l’honneur de la République. »

 

Ce texte date de novembre … 1848, il a pour auteur … Victor Hugo.

Ne laissons pas nos enfants entrer dans les ténèbres.

 

Marie-Gabrielle GIMENEZ

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Une loi, qu’y a-t-il à l’intérieur d’une loi.

Publié le 28 Janvier 2011 par Un Oeil Sur Villemur dans Notre cadre de vie

Depuis plus de vingt ans l’Europe tente de lutter contre l’utilisation intempestive et effrénée des pesticides.

Selon l’Institut Français de l’Environnement (IFEN) 96% de nos rivières et 61% des nappes phréatiques sont atteintes. Les pesticides infiltrés s’élimineront en 30 ans.

Selon la MSA un agriculteur sur six souffrirait d’effets indésirables liés à l’utilisation des pesticides.

La règlementation européenne chargée de lutter contre les abus a prévu une dérogation au cas de « danger imprévisible ».

Imprévisible ; c’est là la nuance ; face à une invasion subite il est possible d’utiliser des molécules interdites en périodes normales et ce pour une durée de 120 jours.

France Inter évoquait une augmentation de demandes de dérogations de 500% en 4 ans en Europe.

En France, le Canard Enchaîné dénonce « 27 pesticides soupçonnés d’être à l’origine du dépérissement des abeilles ont bénéficié d’une dérogation en 2010 …elle (la France) arrive en tête avec 74 dérogations ».

A quoi sert de légiférer si d’incessantes dérogations contournent les lois ?

 

Marie-Gabrielle GIMENEZ

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Qui a souffert, qui souffre ?

Publié le 27 Janvier 2011 par Un Oeil Sur Villemur dans Au coin de l'oeil

Emus, écœurés, plein de compassion, sentiments différents, ressentis personnels tous empreints d’indignation.

Cette petite Laetitia courageuse quittait son travail de nuit pour rentrer dans sa famille d’accueil, le malheur était sur sa route, le malheur ?

Combien de condamnation pour l’individu qui a mit fin à cette jeune vie, combien d’années de prison ? Et la prison était-ce l’unique et bonne solution ?

M Sarkozy affirme que ce crime ne restera pas impuni, le disque est rayé, M Sarkozy vous détenez bien des pouvoirs mais vous n’êtes pas le juge …

Cinq lois sont déjà venues dans l’espoir de contrer la récidive, à quoi servirait une sixième ?

On peut pointer du doigt la difficulté du suivi des récidivistes, le manque de moyens, n’en faisons pas des excuses.

Combien de bracelets électroniques mis en place, une centaine …

Une inflation des lois ne servirait à rien, appliquons celles existantes avant d’accentuer l’enchevêtrement.

Arrêtons de nous cacher derrière les paperasses, ce n’est pas en portant atteinte à l’éducation nationale, en fermant des unités médicales de psychiatries, en supprimant des effectifs dans la gendarmerie, la police, en laissant croitre la promiscuité dans les prisons, en laissant enfler des croyances populistes de circonstances qu’on pourra, par des lois, redynamiser la morale.

Morale à l’ordre du jour en ce qui concerne un sujet bien différent mais tout aussi douloureux, l’euthanasie, remettons le débat sur la sellette avant d’avoir laissé le temps à la loi Léonetti d’agir.

Une touche grimaçante pour terminer, il faut des lois pour combattre les conflits d’intérêt.

Le père noël est déjà loin, continuons de penser et d’espérer que la transparence viendra un jour revivifier la démocratie.

Et que dire de cet homme retrouvé momifié dans son salon après deux ans de silence ?

Une factrice s’est inquiétée de l’amoncellement de courrier dans la boite aux lettres.

EDF-GDF, France Télécom, les impôts si prompts à réagir devaient avoir des prélèvements automatiques, sa pension était sûrement virée sur un compte et son banquier nullement inquiété par l’absence de mouvements bancaires très intéressants, la liste d’interrogations serait longue.

Sommes nous montés dans le train de l’indifférence, en sortons nous seulement face à l’abject !

 

Marie-Gabrielle GIMENEZ

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Un pays pas si plat.

Publié le 27 Janvier 2011 par Un Oeil Sur Villemur dans Au coin de l'oeil

227 jours que la Belgique n’a plus de gouvernement.

S’ils suivent Benoit Poelvoorde les belges vont devenir barbus. Philippe Geluck et son chat en appellent à la révolution des moules et des frites, parfums très différents du jasmin.

Parmi les leaders de la manifestation « Shame » nous retrouvons Félix De Clerck, 27 ans, fils du ministre de la justice, héritier d’une famille célèbre dans le monde des affaires.

Serait-il un vilain petit canard ?

A l’instar de madame Alliot-Marie proposant les services de la France à nos amis tunisiens nous pourrions céder à nos amis belges notre gouvernement, voir notre président.

Le jeune Félix pense « on peut être belge et flamand et européen et de Courtrai … », il appelle les hommes politiques belges à trouver un compromis entre leurs promesses et la réalité, à endosser un costume d’homme d’état.

Pas de mauvaise blague pour nos amis belges !

 

Marie-Gabrielle GIMENEZ

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CHARLES DE GAULLE (LES ALLEES) EN DECREPITUDE AVANCEE

Publié le 22 Janvier 2011 par Un Oeil Sur Villemur dans Notre cadre de vie

 


Le poids des photos saisit au mieux le choc des maux de nos allées. Faut-il encore attendre l'outrage du temps et du « laisser allées » pour réagir ?


Villemur info de février 2008

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Intervention du public, conseil municipal du 06 juin 2010

  • La même personne s'inquiète de l'état des balustrades des allées qui menacent de s’effondrer à certains endroits. Elle rappelle que des gens dont des enfants fréquentent les bords de Tarn le soir. La chute d’un morceau de béton pourrait avoir des conséquences extrêmement graves. Des travaux sont-ils envisagés ?

Monsieur GUERCI répond qu'un devis de 600 000 € a été établi. Le problème existait déjà du temps de l’ancienne municipalité.

Certaines balustres du fond des allées pourraient être utilisées en remplacement et remplacées elles mêmes par des matériaux différents.

Monsieur BOUDET indique que le sujet est difficile car le conseil général et l’état ne veulent pas prendre en  charge les travaux.

Monsieur Dumoulin évoque l'erreur commise par le nettoyage avec de l'acide et interroge sur des poursuites possibles.

Il semblerait qu'il y ait prescription …

Quoiqu'il en soit la sécurité des personnes est primordiale, espérons qu'il en sera tenu compte.

 

 

ETAT DES LIEUX :


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(photos l'équipe du blog)

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Nuisances.

Publié le 20 Janvier 2011 par Un Oeil Sur Villemur dans Notre cadre de vie

Nous avons reçu sur le blog le témoignage suivant, il a été transmis à la mairie de Villemur.

Nous sommes en attente d’une réponse qui sera aussitôt communiquée sur le blog.

« Bonjour, un avion effectue depuis de nombreux mois de plus en plus de looping et autres acrobaties au-dessus de notre région de Villemur. Cela crée vraiment une nuisance sonore répétitive très énervante, sans compter l'impact écologique. Je pense qu'en plus il n'a pas le droit d'effectuer ses acrobaties en dehors d'une zone très limitée, hors il déborde alègrement. Que peut-on faire pour que notre campagne retrouve un peu plus de calme? ! »

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CES CHRETIENS DE GAUCHE QUI DERANGENT TANT.

Publié le 17 Janvier 2011 par Un Oeil Sur Villemur dans Foi et société

Par Jean-Philippe Tizon.

Lors de son arrestation, quand Barbie annonce à Raymonde Belot qu’il allait faire fusiller son mari, Raymond- ce dernier refusait de parler- elle lui répond: « Pourquoi, nous ne sommes ni juifs, ni terroristes, ni communistes ? » Ce à quoi il lui  réplique : » Vous êtes pire, car avec vos écrits, vous armez les terroristes »[]. Raymonde Belot, militante et résistante au sein des réseaux Témoignage Chrétien, témoigne ainsi devant la Cour de Lyon en charge du procès du tortionnaire nazi. Klaus Barbie, l’assassin entre autre de Jean Moulin, ne regarde pas son ancienne victime. Nous sommes en 1987, plus de quarante ans après les faits.

Sûrement que pour les responsables nazis, trouver des chrétiens engagés dans la résistance auprès des réseaux gaullistes, socialistes et communistes dépassait l’entendement (1).

Le nazisme et le « communisme » stalinien se voulaient deux idéologies athées.

 La première entendait promouvoir la supériorité aryenne en niant la qualité humaine au reste des homos sapiens  et la seconde entendait, en s’appuyant sur l’héritage des Lumières, de la Révolution Française et d’un marxisme repatiné par  le « petit père des peuples », libérer le genre humain contre toute forme d’oppression. Nous savons tous ce qu’il en est advenu. Idéologie contre idéologie ou Enfer contre  Enfer pavé de bonnes intentions, les nazis et leurs collaborateurs pouvaient  encore comprendre ces paramètres binaires dans leurs esprits malades. Mais que des chrétiens au nom de leur Foi, au nom des enseignements du Christ, Dieu fait homme, puissent dire non à l’infamie, puissent tendre la main aux juifs persécutés, puissent défier sur le fond par leurs journaux clandestins interposés  le dogme du national-socialiste, puissent en appeler à une résistance spirituelle  voire à une résistance armée contre un régime de la haine institutionnalisée, cela devenait non seulement incompréhensible mais ouvertement intolérable  aux yeux des fascistes.

Le combat a glissé d’une dimension idéologique pure à une dimension morale, à savoir : le Bien (l’acte de Résistance donc de « terrorisme »)  contre le Mal (l’idéologie  nazie et pétainiste représentant l’ordre institutionnel).

 

Une libération  opposée

à la sclérose des esprits.

 

Ces militants chrétiens, à l’instar des militants communistes, socialistes et gaullistes,  ont largement participé à l’élaboration du programme du Conseil National de la Résistance, dont l’esprit humaniste et social est aujourd’hui remis politiquement en cause.

Les milieux conservateurs de l’Eglise Catholique reprocheront toujours à ces croyants non seulement d’avoir créé un précédent en dénonçant un ordre politique institutionnel comme source d’un désordre humain, mais aussi d’avoir appliqué cette vision à la hiérarchie de l’Eglise.

De la Libération à nos jours, avec plus ou moins de ténacité, les chrétiens dit de gauche ont joué et continuent à jouer un rôle important.

Au nom de leur double fidélité au Christ et à la République laïque, ils ont lutté au sein de l’Eglise pour arriver  au concile Vatican II et les générations contemporaines entendent maintenir et développer l’esprit du Concile.

 Que nous le voulions ou pas, l’Eglise reste et restera traversée par l’ensemble des contradictions de la vie. A ce titre, elle ne peut et ne doit rester figée.

 Par la suite, au nom de leur Foi en Dieu et en l’Homme,  ces chrétiens se mobilisent contre les guerres coloniales, contre les exclusions, pour le progrès social etc. Ils continuent à agir en tant que tel aujourd’hui. Ils partagent sur le terrain leurs sentiments avec des militants de gauche pour la plupart athées. Ils comprennent qu’une résistance spirituelle aussi juste soit-elle ne peut se traduire dans le concret  que par un engagement politique et/ou syndical.

Ainsi, ils modifieront, durant  les années 1960 et 1970, par leur présence désintéressée bien des aspects du paysage syndical et politique en transformant la CFTC en CFDT ou en contribuant à la fondation du Parti socialiste lors du congrès d’Epinay, tandis qu’une minorité décide de s’engager au sein de PCF et contribue à son évolution.

Ils ne sont pas, bien entendu, sans erreur politique  ou humaine.  Qu’elles ou qu’ils soient membres du PS, du PCF ou d’autres formation de gauche, un fil conducteur anime ces chrétiens : l’émancipation humaine dans le respect de chacun. Avec les mouvements d’Actions Catholiques, les réseaux Témoignage Chrétien, le CCFD, la Cimade (etc.), ils demeurent ce poil à gratter de l’Eglise et de leurs propres formations politiques.

Combien de sclérosés de la pensée tentent des diversions diverses pour discréditer ces militants (es) ?

Il reste assez amusant mais aussi pitoyable d’entendre dire encore de nos jours que telle ou telle paroisse est sous contrôle socialiste ou communiste (alors que personne ne s’émeut de la présence de militants UMP au moment où la politique de ce parti se positionne aux antipodes de la doctrine sociale) tout comme les niaiseries inverses, telle ou telle section socialiste ou communiste est sous  le contrôle des catholiques. Bref, s’il existait  une Sainte Connerie, certains(es) chrétiens(nes) et militants(es) dit de gauche pourraient se retrouver pour communier ensemble tant la différence de l’autre dérange et fait peur. Cette attitude se nomme Inquisition ou Stalinisme

 

Une morale

 Emancipatrice

 

Le politologue René Rémond, prédisait la fin des chrétiens de gauche, nous pensons qu’il s’est trompé.

Nous assistons de fait à la fin d’une gauche ayant perdu son sens moral donc son sens de la vie. Les chrétiens engagés à gauche distinguent  très sereinement leur engagement spirituel de leur engagement politique donc plus temporel. Néanmoins, un trait d’union puissant uni les deux approches, il se nomme : morale.

 Il est question, en ces lignes, de Morale et non d’un moralisme dogmatique aveugle. Albert Camus, athée devant l’Eternel, expliquait que la politique sans morale conduisait tout droit à la barbarie.  Aujourd’hui, le bling bling politique de l’UMP et celui de certains(es) hommes ou femmes « gauche » conduit tout droit à la barbarie.

 D’un côté des millions (2) de femmes et d’hommes exclus par le chômage, la précarité de l’emploi, la santé, le mal logement (etc.) et de l’autre la course indécente aux privilèges petits et grands.

  Les chrétiens dit de gauche ne se veulent ni une caution spirituelle aux formations de gauche, ni une caution sociale à une institution catholique plus ancrée à droite. Ils se veulent seulement frères ou sœurs en humanité et rappellent, sans soucis de prosélytisme, au plan spirituel, que la démarche d’Amour de Dieu demeure une démarche d’émancipation humaine à la fois individuelle et collective (3).

 Ils rappellent, par leurs aptitudes  à souligner l’importance de l’adéquation entre les paroles et les actes, que la morale en politique revient à respecter les citoyens (nes) et à donner du sens à la chose publique. En ce temps où les mots sont détournés de leur signification, et notamment le mot gauche,  ils deviennent avec d’autres les garants d’un véritable ancrage.

 Nous le reconnaissons volontiers, bien des femmes et des hommes se définissant comme non croyants possèdent aussi ce sens moral aigu, ce sens de l’intérêt général élevé  qui devrait éveiller bien des consciences chrétiennes endormies et recroquevillées sur le rituel.

Concluons, par cette pensée de Louis Escudier, prêtre ouvrier et ancien vicaire général de l’Evêché de Montauban : « Je crois que l’aide à la pauvreté n’est pardonnable que si elle s’accompagne d’une lutte accrue contre les causes de la pauvreté, et contre les structures d’injustices qui l’engendrent. Il me semble comme chrétien que je dois tenir les deux bouts ».

Alors, tenons les deux bouts pour tendre vers l’espérance.

 

 

 

(1)               Politiquement et humainement, le Vatican sous Pie XII n’a jamais dénoncé le régime hitlérien. Nonce apostolique à Berlin, il a même signé un concordat avec le pouvoir allemand. Après une première réaction des institutions chrétiennes (catholiques et protestantes) germaniques contre la volonté d’exterminer les malades mentaux, ces dernières se sont, à rares exceptions, tues. Tues à propos de la déportation  politique, tues par rapport à la shoah, tues par rapport aux atrocités commises. Et si elles avaient réagi ? Seul, Pie XI  considérait Hitler comme l’Antéchrist et ce malgré une réelle aversion pour le régime stalinien. Pourtant, sur le terrain, des chrétiens se sont organisés y compris en Allemagne, comme ceux du groupe de la Rose Blanche, pour lutter contre la bête immonde. En Allemagne comme en France, des chrétiens –catholiques ou protestants- se sont toujours levés au nom de leur Foi contre les injustices, pour une meilleure répartition des richesses. François d’Assise condamne lui-même l’hypocrisie qui consiste à faire acte de piété le dimanche et à exploiter ses frères la semaine. De Thomas Münzer à l’abbé Grégoire, du père Antoine Chevrier au père Chaillet, de Mgr Salièges  à Mgr Duval, tous au nom de leur Foi, ont tenu à défendre avec les intéressés la dignité et l’émancipation humaine. Il en va de même  aujourd’hui avec Mgr Legall. Leur livre de chevet, la Bible, et ses enseignements tant théologiques que philosophiques.  Il en va de même pour nombre de laïcs (ques) chrétiens (nes)

 

(2)             Pour réflexion, il demeure important pour les croyants comme pour les profanes de lire ou de relire sur le fond l’Exode, le prophète Amos, l’épitre de Jacques, et les Béatitudes de Matthieu. Ces textes demeurent quelque part, avec d’autres, les bases d’une réflexion et d’une action émancipatrice de l’Homme.

 

(3)               Lire « la République des Guaranis. Les jésuites au pouvoir  » de C. Lugon –Editions Foi Vivante-où comment le seul état communiste au sens éthique a vécu plus de 150 ans en Amérique Latine entre le 17 et le 18e siècle. «  La République des Guaranis était sans doute trop communiste pour les chrétiens bourgeois et trop chrétienne pour les communistes de la période bourgeoise »  soulignent les premières lignes de l’introduction

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