Par Jean Philippe Tizon.
Tout comme son frère espagnol le Parti populaire, l'Union du Mouvement Populaire (UMP) se veut le contraire de ce qu'il annonce en vitrine. Sans trop s'étaler sur les techniques de communication ou notamment de détournement de sémantique, le commun des citoyens (nes) le découvre au quotidien à son détriment : le sarkozien, se veut la langue de bois qui exprime l'opposé de ce qu'il annonce.
Exemple, il n'est pas question de privatiser la Poste mais de la moderniser. Un ange passe !
Des élus républicains de droite, membres ou non de l'UMP, doutant de l'interprétation linguistique, signent et expriment leur opposition à ce projet au nom de l'égalité de traitement des citoyens, du territoire et du service public. Mon côté optimiste de la nature humaine me laisse espérer, pour un noyau d'entre eux, que le positionnement se veut sincère malgré l'approche des régionales. Élections où il sera difficile d'expliquer aux gueux électeurs (ils votent encore) pourquoi, le gouvernement soutient une telle ineptie.
Autre exemple, les parachutes dorés combinés aux primes surévaluées des traders deviennent ces images déplorables d'un capitalisme dévoyé. Il « s'oppose » au capitalisme au visage humain, notion martelée, à qui mieux mieux, à travers des parterres de gens de « qualité » et de médias.
En réalité, la BNP, pour prendre un modèle du genre, va ou a distribué 1 milliard d'euros pour trois cents pèlerins du dieu Dow Jones. Soit une primette de 3, 333 millions d'euros par boursicoteur. Il faudrait 185 ans, à 1500 euros par mois à un salarié, ou un de ces petits entrepreneurs qui couvrent notre territoire, pour gagner une telle prime. D'ailleurs les mêmes ne se confrontent-ils pas, au quotidien, à leur banque respective à cause d'agios élevés ou de prêts à l'investissement productif refusés ?
Tel est le capitalisme à visage humain, une belle tournure pour vendre du vent digne d'un Séguéla.
Enfin, « Molex » en langue sarkozienne, cela donnait « le comportement d'une telle entreprise est inconvenant » ou un « nous irons vers une réindustrialisation totale ». Bref, nous savons, les uns comme les autres, ce qu'il en advient. Les décisions de justice prises à l'encontre de la direction n'ont jamais été appliquées et les promesses ministérielles non tenues.
Derrière la floraison de mots, de phrases lyres, la pire des opacités reste la règle du plan national au plan local.
Quand la séduction ne fonctionne plus, reste la transaction financière
ou l'intimidation
Dans notre belle démocratie, la liberté d'expression et de penser librement devient un sport où il faut une bonne paire de corones – y compris pour les femmes, veuillez bien m'en excuser -. Ainsi, des militants(es), des journalistes se trouvent parfois inquiétés(es) ou discrédités(es).
La situation ubuesque de demander à des français de prouver leur nationalité lors de renouvellement de papier devient un phénomène récurrent. Est-ce un pur hasard relationnel, quelques difficultés se font jour surtout lorsque des personnes sont connues pour leurs positions républicaines et démocratiques ?
Alors, communistes, socialistes, syndicalistes, défenseurs des droits de l'homme (etc.), tous ceux ou toutes celles qui résistent à l'iniquité, pas français ?
Des journalistes voient leurs articles où leurs enquêtes « disparaitre » de leurs colonnes habituelles, des rédactions reçoivent des menaces à peine voilées. La technique est usée mais peut toujours faire son effet. Bref, quand la séduction ne fonctionne plus, reste le prix (tout s'achète), ou l'intimidation réelle. Ainsi, le documentariste Gilles Perret (1) a hérissé le poil de Bernard Acoyer. Le président de l'Assemblée Nationale ne semble pas avoir apprécié le portrait d'un résistant communiste de Haute-Savoie, qui malgré son âge poursuit son combat pour l'émancipation humaine et l'esprit de résistance. En plus du concept de résistance notre élu UMP ne goûterait pas du tout le zèle du cinéaste à rapporter in extenso des morceaux d'anthologie. Entre propos déplacés et tentatives réactionnaires voire décadentes de réécriture et de réappropriation de l'Histoire, il filme le fond de l'âme noire de l'union d'un mouvement soi disant populaire.
Résultat, moult tentatives pour saboter la sortie du film.
La calomnie comme arme politique et tribale.
Sommes-nous à l'abri de telles dérives dans nos contrées midi pyrénéennes ? Que nenni. Une des vraies questions est de savoir si nous avons à faire à une stratégie globale pensée avec minutie ou si nous sommes simplement confrontés au travers du territoire à un ensemble complexe de petits (es) chefs qui cherchent, plus ou moins adroitement, à mimer le rituel du grand manitou ; une nouvelle forme moderne et symbolique de rite totémique (2) ?
Il y a quelques années, administrateur élu dans un lycée, je fus surpris de voir une élue locale apolitique esquiver les questions de fonds pour mieux cibler les personnes à titre individuel.
Ainsi, les représentantes élues des parents, résidant sur le lieu dit se faisaient systématiquement agressées par des petites phrases sibyllines, pis se confrontaient à des manœuvres de bas étages voire à des accusations dignes des pires chasses aux sorcières.
De par mes parcours, j'ai rencontré souvent ce type d'attitude. La finalité en est simple : casser littéralement des personnes, de façon souvent détournée. Pour cause, ces citoyens (nes) qui agissent pour l'intérêt général peuvent, sans en avoir eu une conscience précise, par la qualité de leurs interventions, mettre à mal une démarche politique ultra conservatrice bien dissimulée derrière les paravents d'une communication à priori sympathique.
En fait, cette démarche se veut tellement réactionnaire qu'elle suinte de tous les pores de ce type de personnages. Il suffit de constater le dédain affiché à l'encontre des citoyens (nes) dit de conditions modestes pour s'en convaincre. Ils ou elles confondent le mérite d'être bien né(e) et /ou bien marié(e) avec celui de l'intelligence.
C'est une approche tripale et tribale. Pardon pour le barbarisme, TRIPALE (qui vient des tripes) parce qu'au lieu d'en appeler à l'intelligence, à l'humain, il est fait appel à un réflexe, à un noyau dur des représentions sociales, à un instinct de domination de classe. TRIBALE parce que comme par hasard, ces « bonnes » gens se retrouvent entre elles pour conforter non seulement leur sentiment de domination mais aussi pour un tant soit peu instaurer au plan local et / ou national un Nouvel Ancien Régime.
Maintenir les simples gens loin de la connaissance et par conséquent du pouvoir demeure une constante. Il suffit, à l'échelle nationale, de voir la politique scolaire et culturelle du pouvoir en place pour s'en convaincre. Corrélation oblige, la seule idée de permettre dans une localité à une association de favoriser une démarche populaire d'éducation les effraie.
Au plan local, récemment une personne proche a failli faire les frais de pratiques de types vichystes, parce qu'un de mes « papiers » aurait -qui morveux se mouche- titillé un égo de rang « supérieur ». Malheureusement pour ce dernier, cette citoyenne a compris très vite la manœuvre politique honteuse et a su avec brio démonter le mauvais esprit. Ce dernier a volontairement oublié, que la liberté d'expression est un droit chèrement acquis par le sang de la liberté. Ce Sang coule à flot depuis deux siècles des veines de républicains(e), de résistants (es) de progressistes mais pas des boulangistes et autres anti-dreyfusards. C'est parce que nous avons pleinement conscience du sens de la Liberté que le droit de réponse demeure un des credo de ce Blog de gauche, y compris pour des gens situés à droite.
Si je distingue souvent les individus, de leur appartenance politique, c'est parce que l'intégrité humaine et intellectuelle ne se veut ni de droite ni gauche mais la conscience d'un intérêt général. Force est de constater aujourd'hui que le fond de commerce politique de nombre d'élus (es) umpiste tient du dédain pour les petits et de la délation ou de la manigance à l'encontre de celles et ceux qui osent -pardon qui ont l'outrecuidance de- se mettre à travers de leur route.
Villemur n'échappe pas à la règle. C'est d'autant plus regrettable que l'ensemble des personnes de sensibilité UMP élues sur la liste majoritaire portaient, comme les autres, en apparence, le souci de combler une absence remarquée dans notre contrée : la démocratie de proximité. Malheureusement, il semble que la linguistique sarkozienne y ait trouvé son « héraut in ». Manœuvrer, diviser, discréditer pour mieux écarter les citoyens (nes) et s'approprier un pouvoir qui lui revient de « droit » ! De telles manœuvres politiciennes demandent une veille intellectuelle permanente, (et physique si nécessaire) pour les dénoncer et les éclairer sous le jour nouveau des dérives autoritaires et réactionnaires de l'égoïsme le plus primitif. Enfin, si la tactique et la technique politique semblent claires, néanmoins, ce genre de personne reste sur le plan humain nécessairement à plaindre. Indéniablement, développer une telle hargne de classe revient à passer à côté de son humanité et à oublier que les « derniers » seront forcement un jour les premiers. Nous nous y attelons.
« Walter, retour en Résistance » http://www.walterretourenresistance.com/
Concept de Claude Lévy-Strauss. L'inventeur de l'anthropologie structurale, au regard des pratiques et rites de l'UMP, aurait sûrement amélioré notre perception des groupes humains et autres tribus.
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