Jeudi 1 octobre 2009 4 01 10 2009 18:57

Par Jean Philippe Tizon

 

 

De ce mot, quelques élus (es) locaux en frémissent encore. Durant la campagne des municipales des candidats voire des têtes de liste assuraient, à qui voulait l'entendre, qu'une gestion locale consiste à gérer au mieux les deniers publics et, dans la mesure des moyens, à répondre à la demande des citoyens(nes).

Politique se voulait -et se veut encore- le mot de tous les maux.

Pourtant, nombre de réformes ultra-libérales au plan national, que G.W Bush « nous » envierait, un conflit social sans précédent au plan local avec une détermination des salariés de voir leur entreprise se pérenniser, une trahison du gouvernement, les non-applications des décisions de justice à l'encontre d'une société états-unienne (voir « un Oeil sur villemur » ), des barbouzes imposant leurs lois à la préfecture de Toulouse et deux années plus tard, la voici enfin.

La politique vient de réaliser une entrée sinon remarquable du moins remarquée à l'Hôtel de Ville de Villemur ce lundi 28 septembre 2009.

Les plus chagrins d'entre nous verront une énième exaltation du « plumitif » de service, votre serviteur. D'autres, mettrons cela sur le dos d'une démarche, définie par Le Figaro il y a quelques années comme « christo-marxistes ».

Plus finement, afin de réduire la polysémie des mots, il devient déterminant de définir les objets de la discussion par une approche étymologique afin d'en limiter les représentations sociales.

Ainsi, à toutes fins utiles, le mot république vient de respublica « la chose publique » qui vient du latin savant publicus « qui concerne le peuple » opposé à privatus.

Poursuivons, ploutocratie s'oppose à démocratie. Le premier vient du grec ploutos, l'argent, et krates (pouvoir et par extension gouvernement) autrement dit le pouvoir de l'argent qui fait face à démokratia « gouvernement du peuple ».

Enfin, politique dont la racine vient de polis « ville ou cité » et par ricochet de politès citoyen. Bref, le refus de faire de la politique revient à un manque de « politès » évident. (cqfd)

 

 

Une dynamique démocratique en élaboration.

 

Nous n'assistons pas à une révolution au sens où nous passerions radicalement d'un état à un autre. Il demeure toutefois intéressant pour tout observateur et/ou acteur de la cité de constater l'émergence d'une dynamique. Cette dernière prend petit à petit forme. Il suffit d'avoir soutenu les salariés de Molex, de remarquer le nombre croissant de citoyens (nes) venant assister aux séances du conseil municipal et qui osent interroger dorénavant les élus en direct, de voir des élus questionnés par nos soins se positionner politiquement et de constater l'émergence et la lecture suivie de blogs d'expressions citoyennes et/ou sociales pour s'en convaincre.

 

Une dynamique reste une alchimie complexe. Elle se veut avant tout une démarche complémentaire et antagoniste à la délégation de pouvoir issue de suffrage universel mais aussi vis-à-vis d'elle même. Bref, opposée à l'apathie, elle se veut la vie. Impulser une dynamique de débats et/ou d'actions rend caduque toute illusion de contrôle à l'ancienne par division, désinformation, etc.

Au contraire, elle implique une gymnastique intellectuelle d'accompagnement en pensant « les choses autrement » et en mettant les individus au centre de tout processus et en libérant l'intelligence citoyenne – je vous assure qu’elle existe-.

La majorité municipale dans son programme avait touché du bout du doigt l'idée. Il devient vital pour la vie et le développement de notre petite ville de favoriser, face à la complexité des situations, l'émergence et l'écoute d'une intelligence collective en installant par exemple des commissions had hoc sur des questions importantes et pas seulement.

 

Politique de réindustrialisation ou de revitalisation, quel dynamisme ?

 

« Pourquoi avoir interrogé les élus sur l'enjeu de la réindustrialisation du territoire au risque de faciliter la mise en selle du conseiller général UMP ? » demande, dans cette forme d'interrogation / affirmation, un ami , élément actif du Comité de Soutien au Molex.

Ce type de positionnement reste symptomatique d'une approche encore dogmatique et non dynamique de la pensée progressiste voire marxiste. Tant que nous restons dans un système républicain et démocratique, ce sont les idées qui devraient être combattues et non pas les individus en tant que tels. Enfin, les fondamentaux de ce blog portent sur la volonté de libérer la parole citoyenne. Il semble qu'il était temps d'agir, en dehors des élections, pour libérer celle de nos élus aux fonctions et aux couleurs politiques différentes. Sans des positionnements politiques clairs, volontaires et contradictoires, il devient difficile de rendre la parole et la réflexion aux citoyens. (voir précédemment le sens des mots).

 

Ceci dit, messieurs Boudet comme Maire, Régis comme élu socialiste de la majorité et Dumoulin comme conseiller général et conseiller d'opposition UMP se sont prêtés de façons inégales au jeu de l'interrogation orale. A savoir : avez-vous envisagé une dynamique de réindustrialisation du territoire ou vous cantonnerez-vous à la seule dynamique d'urbanisation ? Les garanties données par Labinal sont-elles aussi fiables que celles données par Molex ? Ressort-il d'autres projets des couloirs ministériels autres que le plan pipé actuel ?

 

Les réponses officielles obtenues méritent d'être mises en relief avec les votes et/ou les déclarations tenus durant la séance, histoire de montrer, s'il en est, que c'est à partir de certains types de contradictions que naissent bien des dynamiques.

Ainsi, M Jean Claude Boudet, après une condamnation sans ambiguïté, en début de séance, d'un type de capitalisme version Molex et la faillite du politique au vu des agissements du gouvernement, se retrouve réduit à répondre vaguement. Après avoir exprimé la volonté de favoriser un développement économique (ndlr : pas uniquement industriel), il se retrouve comme sur FR3 à ouvrir les guillemets pour citer les propos « rassurants » de la direction de Labinal sur son devenir villemurien.

De son côté, Jean Marc Dumoulin, après avoir voté contre la privatisation de la Poste voulue par son parti et le gouvernement, exprime sommairement quelques pistes de réindustrialisation autour de l'agro-alimentaire.

Bien entendu, pour ces deux élus pas question d'en dire plus pour l'instant, histoire d'assurer leur éventuelle démarche.

Enfin, Daniel Régis, qui comme socialiste (ndlr : et non pas au nom du PS) et humaniste, présente une certaine cohérence entre ses déclarations et ses actes. En début de séance, il a su souligner les « dysfonctionnements » de l'Etat autour de l'affaire Molex au point de s'interroger sur le devenir de la République. Quant à la question de la réindustrialisation, si elle lui paraît souhaitable, diversifiée, il ne cache pas son inquiétude quant au soutien réel de l'Etat actuel.

 

Posées ainsi ces déclarations, montrent surtout la nécessité de créer, là aussi, une dynamique politique qui soit aux antipodes de la gestion technique classique des dossiers entre deux bureaux feutrés. Celle-ci pourrait s'appuyer sur les anciens salariés de Molex.

Ne serait-il pas souhaitable que ces derniers prennent cet enjeu à bras le corps et élargissent, avec divers relais, le débat et les enjeux en direction des citoyens(nes) ?

Ainsi, poser des interrogations pertinentes ne permettraient-elles pas d'impulser une industrialisation et un développement économique maîtrisés et partagés ?

 

Les dynamiques citoyennes, sociales et économiques se rejoignent. En tenir compte revient à s'éloigner de plus en plus de la privatisation du mandat d'élu et de la démarche du « sauveur » au profit d'une approche plus lente, complexe et constructive qu'est celle d'une approche de l'intelligence collective.

Rassurons nos élus (es) en renvoyant à la parole de Figaro : « sans la liberté de blâmer, il n’est point d'éloge flatteur ».

 

 

à voir ou à lire pour les citoyens (nes):

 

http://regions.france3.fr/24402413-fr.php

 

In « Oeil sur Villemur » la déclaration du comité de soutien : Trahis par le pouvoir, les « Molex » tournent une page mais le combat se poursuit...

 

« Révolution personnaliste et communautaire » d'Emmanuel Mounier

Par Un Oeil Sur Villemur - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Publié dans : Politique Locale
Retour à l'accueil

Commentaires

ALEA JACTA EST
Commentaire n°1 posté par villemurien c le 03/10/2009 à 23h27

Présentation

Recherche

Créer un Blog

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés